{"id":946,"date":"2023-05-15T21:23:38","date_gmt":"2023-05-15T21:23:38","guid":{"rendered":"https:\/\/dogons.org\/?p=946"},"modified":"2024-04-21T14:27:30","modified_gmt":"2024-04-21T14:27:30","slug":"discours-sur-lart-africain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dogons.org\/index.php\/2023\/05\/15\/discours-sur-lart-africain\/","title":{"rendered":"DISCOURS SUR L&rsquo;ART AFRICAIN (1966)"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Texte de la communication d&rsquo;Aim\u00e9 C\u00e9saire qui eut lieu le mercredi 6 avril 1966, l&rsquo;avant-derni\u00e8re journ\u00e9e du \u00ab Colloque sur l&rsquo;art dans la vie du peuple \u00bb tenu \u00e0 Dakar du 30 mars au 7 avril 1966. La semaine du Colloque marqua l&rsquo;ouverture du Premier Festival Mondial des Arts N\u00e8gres \u00e0 Dakar du 30 mars au 21 avril 1966.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Malraux inaugura le colloque avec un discours sur l&rsquo;art africain, d\u00e9clarant que <em>\u00ab ce qui a fait jadis les masques, comme ce qui a fait jadis les cath\u00e9drales, est \u00e0 jamais perdu. \u00bb <\/em>Selon Malraux, il faudrait que les Africains tiennent compte des m\u00e9tamorphoses dans la vie et dans l&rsquo;art africain, et qu&rsquo;ils b\u00e2tissent le futur \u00e0 partir d&rsquo;un pr\u00e9sent qui n&rsquo;a plus le m\u00eame rapport avec le pass\u00e9 qu&rsquo;il avait autrefois. En somme, on ne pouvait plus retrouver le monde magique qui avait cr\u00e9\u00e9 les masques.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon C\u00e9saire, personne, parmi ceux qui suivirent Malraux durant la semaine de communications sur l&rsquo;art africain, s&rsquo;est vraiment adress\u00e9 \u00e0 la prise de position de Malraux vis-\u00e0-vis de l&rsquo;art africain. C&rsquo;est donc pour cette raison que, vers la fin du colloque (c&rsquo;\u00e9tait sans doute le 5 ou le 6 avril), C\u00e9saire a r\u00e9dig\u00e9 rapidement, dans une nuit, une sorte de r\u00e9ponse \u00e0 Malraux. Pour C\u00e9saire, l&rsquo;art africain d\u00e9pend de l&rsquo;homme africain, qui d\u00e9pend du futur d&rsquo;une Afrique qui n&rsquo;est pas encore coup\u00e9e de ses traditions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le discours de C\u00e9saire fut interrompu \u00e0 plusieurs reprises par les applaudissements passionn\u00e9es de l&rsquo;assistance, applaudissements qui continu\u00e8rent 10 \u00e0 15 minutes apr\u00e8s la fin du discours.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Monsieur le Pr\u00e9sident,<br>Mesdames, Messieurs,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je voudrais d&rsquo;abord vous faire part des h\u00e9sitations que j&rsquo;ai eues \u00e0 prendre la parole dans ce colloque. Je ne suis \u00e0 aucun degr\u00e9 un homme de science, \u00e0 aucun degr\u00e9 un expert, et j&rsquo;ai conscience que, dans une telle assembl\u00e9e, j&rsquo;ai beaucoup plus \u00e0 apprendre qu&rsquo;\u00e0 enseigner.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi bien vous demanderai-je de ne voir dans cette intervention que la manifestation du d\u00e9sir que j&rsquo;ai \u00e0 vous dire \u00e0 quel point j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 int\u00e9ress\u00e9 par vos travaux, et de vous soumettre, \u00e0 titre de contribution, quelques r\u00e9flexions qui sont n\u00e9es de mon exp\u00e9rience d&rsquo;homme de culture, de mon exp\u00e9rience de po\u00e8te, de mon exp\u00e9rience d&rsquo;homme, d&rsquo;Antillais \u00e0 propos de l&rsquo;Afrique m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de ce colloque est ainsi formul\u00e9 : Fonction et signification de l&rsquo;art n\u00e9gro-africain dans la vie du peuple et par le peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question particuli\u00e8re, le plus simple est de poser d&rsquo;abord une question plus g\u00e9n\u00e9rale et de t\u00e2cher d&rsquo;y r\u00e9pondre, et cette question serait celleci : <em>\u00abFonction et signification de l&rsquo;art dans le monde moderne \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, avant de parler de l&rsquo;art africain et de sa signification pour l&rsquo;Afrique moderne, le mieux m&rsquo;appara\u00eet de parler de l&rsquo;art tout court et de sa fonction dans le monde, tour court. Pourquoi, dans le monde comme il va, il est apparu essentiel aux organisateurs de ce colloque, pourquoi il nous appara\u00eet essentiel \u00e0 nous autres, hommes de culture, de valoriser la fonction de l&rsquo;art ? Car enfin, l&rsquo;art n&rsquo;est pas toute la culture, il n&rsquo;en est qu&rsquo;un aspect. Alors pourquoi privil\u00e9gier cet aspect au d\u00e9triment des autres aspects de la culture ? Je r\u00e9pondrai que c&rsquo;est un signe des temps et que si nous avons, d&rsquo;un propos d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, choisi de privil\u00e9gier l&rsquo;art, c&rsquo;est que nous estimons que jamais comme aujourd&rsquo;hui le<br>monde n&rsquo;a eu autant besoin de l&rsquo;art.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;on le veuille ou non, il y a, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, une civilisation \u00e9minente et tentaculaire. C&rsquo;est la civilisation europ\u00e9o-am\u00e9ricaine, la civilisation industrielle qui couvre le monde de son r\u00e9seau, et atteint d\u00e9sormais \u2014 car il est clair que maintenant, nous sommes entr\u00e9s dans l&rsquo;\u00e8re du monde fini \u2014 les points les plus recul\u00e9s du globe.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est inutile de rappeler les m\u00e9rites de cette civilisation europ\u00e9enne. Ils sont nombreux et \u00e9clatants. Mais pour comprendre le r\u00f4le de l&rsquo;art, notre besoin d&rsquo;art et de po\u00e9sie, c&rsquo;est plut\u00f4t son c\u00f4t\u00e9 n\u00e9gatif qu&rsquo;il faut rappeler.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme de la civilisation europ\u00e9enne est un homme qui a mis au point un syst\u00e8me de pens\u00e9e qui lui a permis de vaincre et de dominer la nature. Mais il est arriv\u00e9 \u00e0 notre conqu\u00e9rant une singuli\u00e8re m\u00e9saventure : il a fini par \u00eatre vaincu par sa propre puissance : il est devenu le prisonnier et la victime des concepts et des cat\u00e9gories qu&rsquo;il avait invent\u00e9s pour appr\u00e9hender le monde. Mieux, avec la pens\u00e9e europ\u00e9enne moderne (je dis bien moderne, car l&rsquo;Europe n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 ce qu&rsquo;elle est, ce que nous voyons qu&rsquo;elle est), est n\u00e9 un processus nouveau, celui que certains penseurs ont appel\u00e9 un processus de r\u00e9ification, c&rsquo;est-\u00e0-dire de chosification du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi s&rsquo;agit-il ? Il s&rsquo;agit de la substitution \u00e0 la totalit\u00e9 dialectique qu&rsquo;est le monde, de la substitution au monde concret et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, donc riche et vari\u00e9, d&rsquo;une v\u00e9ritable alg\u00e8bre, d&rsquo;abstractions, homog\u00e9n\u00e9is\u00e9es et dissoci\u00e9es repr\u00e9sentant un abr\u00e9g\u00e9 du monde, commode sans doute, mais correspondant \u00e0 un appauvrissement et \u00e0 un succ\u00e9dan\u00e9 du monde. Les cons\u00e9quences, vous les connaissez, c&rsquo;est l&rsquo;apparition du monde m\u00e9canis\u00e9, du monde de l&rsquo;efficience, mais aussi du monde o\u00f9 l&rsquo;homme devient chose lui-m\u00eame, du monde o\u00f9 le temps n&rsquo;est plus le temps, mais une mani\u00e8re<br>d&rsquo;espace, rempli de choses quantitativement mesurables.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, nous sommes en face d&rsquo;une d\u00e9valorisation progressive du monde qui d\u00e9bouche tr\u00e8s naturellement sur l&rsquo;apparition d&rsquo;un univers inhumain sur la trajectoire duquel se trouve le m\u00e9pris, la haine, la guerre, l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est cela, cette invasion du monde et de l&rsquo;homme par les choses, c&rsquo;est ce processus de r\u00e9ification du monde, install\u00e9 par la culture europ\u00e9enne dans la soci\u00e9t\u00e9 qui explique que le besoin d&rsquo;art et de po\u00e9sie soit aujourd&rsquo;hui un besoin v\u00e9ritablement vital, dans le sens o\u00f9 on dit que l&rsquo;air est vital pour l&rsquo;homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l&rsquo;homme a besoin d&rsquo;oxyg\u00e8ne pour survivre, il a besoin d&rsquo;art et de po\u00e9sie. Il sait, en effet, au contraire de la pens\u00e9e conceptuelle, au contraire de l&rsquo;id\u00e9ologie, que l&rsquo;art et la po\u00e9sie r\u00e9tablissent la dialectique de l&rsquo;homme et du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Par l&rsquo;art, le monde r\u00e9ifi\u00e9 redevient le monde humain, le monde des r\u00e9alit\u00e9s vivantes, le monde de la communication et de la participation. D&rsquo;une collection de choses la po\u00e9sie et l&rsquo;art refont le monde, un monde plein, un monde total et harmonieux. Et c&rsquo;est pourquoi la po\u00e9sie est jeunesse. Elle est cette force qui redonne au monde sa vitalit\u00e9 premi\u00e8re, qui redonne \u00e0 chaque chose son aura de merveilleux en la repla\u00e7ant dans la totalit\u00e9 originelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Si bien que sauver la po\u00e9sie, sauver l&rsquo;art, c&rsquo;est en d\u00e9finitive sauver l&rsquo;homme moderne en repersonnalisant l&rsquo;homme et en revitalisant la nature. Si on avait besoin d&rsquo;une preuve, je dirais qu&rsquo;il n&rsquo;est que de constater que jamais, le besoin po\u00e9tique ne se fait autant sentir, que jamais l&rsquo;homme ne s&rsquo;accorde, ne s&rsquo;accroche \u00e0 la po\u00e9sie de mani\u00e8re si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, comme \u00e0 une derni\u00e8re planche de salut, qu&rsquo;au sortir de ces \u00e9poques pleines de bruit et de fureur qui s&rsquo;appellent la guerre, que cette guerre soit chaude ou froide, pr\u00e9cis\u00e9ment au sortir de ces \u00e9poques o\u00f9 la non-communication et la chosification se sont exacerb\u00e9es \u00e0 un degr\u00e9 proprement intol\u00e9rable. Et ici, je pense au surr\u00e9alisme europ\u00e9en qui a suivi la premi\u00e8re guerre mondiale, et puisque je parle au nom des po\u00e8tes d&rsquo;Afrique et des po\u00e8tes d&rsquo;Afrique francophone, permettez-moi d&rsquo;\u00e9voquer ici l&rsquo;ensemble du mouvement po\u00e9tique dit de la n\u00e9gritude.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes chers amis, je dois vous dire tout de suite qu&rsquo;aucun mot ne m&rsquo;irrite davantage que le mot n\u00e9gritude \u2014 je n&rsquo;aime pas du tout ce mot-l\u00e0 \u2014, mais puisqu&rsquo;on l&rsquo;a employ\u00e9 et puisqu&rsquo;on l&rsquo;a tellement attaqu\u00e9, je crois vraiment que ce serait manquer de courage que d&rsquo;avoir l&rsquo;air d&rsquo;abandonner cette notion. Je n&rsquo;aime pas du tout le mot n\u00e9gritude et je dois vous dire que cela m&rsquo;irrite toujours, lorsque, dans les conf\u00e9rences internationales o\u00f9 il y a anglophones et francophones, on introduit cette notion qui m&rsquo;appara\u00eet comme une notion de division. La n\u00e9gritude est ce qu&rsquo;elle est, elle a ses qualit\u00e9s, elle a ses d\u00e9fauts, mais au moment o\u00f9 on la vilipende, o\u00f9 on la d\u00e9nature, je voudrais quand m\u00eame que l&rsquo;on fasse r\u00e9flexion sur ce qu&rsquo;\u00e9tait la situation des n\u00e8gres, la situation du monde n\u00e8gre au moment o\u00f9 cette notion est n\u00e9e, comme spontan\u00e9ment, tellement elle r\u00e9pondait \u00e0 un besoin. Bien s\u00fbr, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, les jeunes peuvent faire autre chose, mais croyez-moi, ils ne pourraient pas faire autre chose \u00e0 l&rsquo;heure actuelle si, \u00e0 un certain moment, entre 1930 et 1940, il n&rsquo;y avait pas eu des hommes qui avaient pris le risque de mettre sur pied ce mouvement dit de la n\u00e9gritude. Ce mouvement de la n\u00e9gritude tellement attaqu\u00e9, et tellement d\u00e9figur\u00e9, il ne faut pas oublier le r\u00f4le qu&rsquo;il a jou\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9veil du monde n\u00e8gre, dans l&rsquo;\u00e9veil de l&rsquo;Afrique. Quand je lis une phrase comme celle que Saint-John Perse a prononc\u00e9e lorsqu&rsquo;il a re\u00e7u le Prix Nobel, quand il a \u00e9crit ceci : \u00ab quand la mythologie s&rsquo;effondre, c&rsquo;est dans la po\u00e9sie que trouve refuge le divin. Peut-\u00eatre m\u00eame son relais et jusque dans l&rsquo;ordre social et l&rsquo;imm\u00e9diat humain, quand la porteuse de pain de l&rsquo;antique cort\u00e8ge c\u00e8de son pain aux porteuses de flambeaux, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;imagination po\u00e9tique que s&rsquo;allume encore la haute passion des peuples en qu\u00eate de clart\u00e9 \u00bb. Si la n\u00e9gritude a bien m\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;Afrique, c&rsquo;est que pr\u00e9cis\u00e9ment dans l&rsquo;\u00e9tendue de l&rsquo;abomination et de la nuit, ses po\u00e8tes ont \u00e9t\u00e9, malgr\u00e9 leurs d\u00e9fauts, des porteurs de clart\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette notion de la n\u00e9gritude, on s&rsquo;est demand\u00e9 si ce n&rsquo;\u00e9tait pas un racisme. Je crois que les textes sont l\u00e0. Il suffit de les lire et n&rsquo;importe quel lecteur de bonne foi s&rsquo;apercevra que si la n\u00e9gritude est un enracinement particulier, la n\u00e9gritude est \u00e9galement d\u00e9passement et \u00e9panouissement dans l&rsquo;universel.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en revenir \u00e0 mon propos, je dirai, \u00e0 propos de la n\u00e9gritude, que dans la perspective de la r\u00e9ification, le racisme et le colonialisme avaient tendu \u00e0 transformer le n\u00e8gre en chose. L&rsquo;homme noir n&rsquo;\u00e9tait plus appr\u00e9hend\u00e9 par l&rsquo;homme blanc qu&rsquo;\u00e0 travers le prix d&rsquo;une d\u00e9formation, de st\u00e9r\u00e9otypes, car c&rsquo;est toujours de st\u00e9r\u00e9otypes dont vivent les pr\u00e9jug\u00e9s. Et c&rsquo;est cela le racisme. Le racisme c&rsquo;est la non-communication.<br>C&rsquo;est la chosification de l&rsquo;autre, du n\u00e8gre ou du juif ; sa substitution \u00e0 l&rsquo;autre, de la caricature de l&rsquo;autre, une caricature \u00e0 laquelle on donne valeur d&rsquo;absolu. L&rsquo;apparition de la litt\u00e9rature de la n\u00e9gritude et de la po\u00e9sie de la n\u00e9gritude n&rsquo;ont produit un tel choc que parce qu&rsquo;elles ont d\u00e9rang\u00e9 l&rsquo;image que l&rsquo;homme blanc se faisait de l&rsquo;homme noir, qu&rsquo;elles ont marqu\u00e9 avec ses qualit\u00e9s, avec ses d\u00e9fauts, donc avec sa charge d&rsquo;homme ; dans le monde des abstractions et et des st\u00e9r\u00e9otypes que l&rsquo;homme blanc s&rsquo;\u00e9tait jusque-l\u00e0 fabriqu\u00e9 \u00e0 son sujet de mani\u00e8re unilat\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est bien cela, je crois, le service que la n\u00e9gritude a rendu au monde. C&rsquo;\u00e9tait par l\u00e0, contribuer \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;un v\u00e9ritable humanisme, de l&rsquo;humanisme universel, car enfin, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;humanisme s&rsquo;il n&rsquo;est pas universel, et il n&rsquo;y a pas d&rsquo;humanisme sans dialogue, et il ne peut y avoir de dialogue entre un homme et une caricature.<\/p>\n\n\n\n<p>En restituant l&rsquo;homme noir dans sa stature humaine, dans sa dimension humaine, pour la premi\u00e8re fois, la litt\u00e9rature de la n\u00e9gritude a r\u00e9tabli les possibilit\u00e9s de dialogue entre l&rsquo;homme blanc et l&rsquo;homme noir et ce n&rsquo;est pas un de ses moindres m\u00e9rites.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est tr\u00e8s vrai que la litt\u00e9rature de la n\u00e9gritude a \u00e9t\u00e9 une litt\u00e9rature de combat, une litt\u00e9rature de choc, et c&rsquo;est l\u00e0 son honneur ; une machine de guerre contre le colonialisme et le racisme, et c&rsquo;est l\u00e0 sa justification. Mais ce n&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;un aspect de la n\u00e9gritude, son aspect n\u00e9gatif. Si nous avons tellement h ai le colonialisme, si nous l&rsquo;avons tellement combattu, c&rsquo;est sans doute parce que nous avions conscience qu&rsquo;il nous mutilait, qu&rsquo;il nous humiliait, qu&rsquo;il nous s\u00e9parait de nous-m\u00eames et que cette s\u00e9paration nous \u00e9tait intol\u00e9rable ; mais c&rsquo;est aussi parce que nous savions qu&rsquo;elle nous s\u00e9parait du monde, qu&rsquo;elle nous s\u00e9parait de l&rsquo;homme, de tous les hommes, y compris de l&rsquo;homme blanc, bref qu&rsquo;elle nous s\u00e9parait de notre fr\u00e8re. Autrement dit, le po\u00e8te de la n\u00e9gritude ne hait tellement le racisme et le colonialisme que parce qu&rsquo;il a le sentiment que ce sont l\u00e0 des barri\u00e8res qui emp\u00eachent la communication de s&rsquo;\u00e9tablir.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, si j&rsquo;avais \u00e0 d\u00e9finir l&rsquo;attitude du po\u00e8te de la n\u00e9gritude, la po\u00e9sie de la n\u00e9gritude, je ne me laisserais pas d\u00e9sorienter par ses cris, ses revendications, ses mal\u00e9dictions. Ses cris, ses revendications, je ne les d\u00e9finirais que comme une postulation, irrit\u00e9e sans doute, une postulation impatiente, mais en tout cas, une postulation de la fraternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et j&rsquo;en arrive \u00e0 l&rsquo;objet m\u00eame de ce colloque, le sens et la signification de l&rsquo;art dans l&rsquo;Afrique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. On peut l&rsquo;affirmer sans crainte, jamais l&rsquo;Afrique n&rsquo;a eu autant besoin de l&rsquo;art. Jamais elle n&rsquo;a eu autant besoin de son art, de son propre art. Cela est vrai bien s\u00fbr pour les raisons g\u00e9n\u00e9rales que j&rsquo;\u00e9voquais tout \u00e0 l&rsquo;heure et qui sont valables pour le monde entier. Mais il s&rsquo;ajoute \u00e0 cela des raisons qui sont particuli\u00e8res \u00e0 l&rsquo;Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Quel est le grand ph\u00e9nom\u00e8ne des temps modernes ? C&rsquo;est que l&rsquo;Afrique est entr\u00e9e d\u00e9finitivement et tout enti\u00e8re dans l&rsquo;aura et la mouvance de la civilisation europ\u00e9enne. Il suffit de dire cela pour que l&rsquo;on comprenne \u00e0 quel point l&rsquo;Afrique est menac\u00e9e. Menac\u00e9e \u00e0 cause de l&rsquo;impact de la civilisation industrielle. Menac\u00e9e par le dynamisme interne de l&rsquo;Europe et de l&rsquo;Am\u00e9rique. On me dira : pourquoi parler de menace, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pr\u00e9sence europ\u00e9enne en Afrique, puisque le colonialisme a disparu et que l&rsquo;Afrique est ind\u00e9pendante ?<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, l&rsquo;Afrique ne s&rsquo;en tirera pas \u00e0 si bon compte. Bien s\u00fbr, la colonisation, le colonialisme offraient le cadre r\u00eav\u00e9 pour que cet impact puisse agir dans les conditions d&rsquo;efficacit\u00e9 optima. Mais ce n&rsquo;est pas parce que le colonalisme a disparu que le danger de d\u00e9sint\u00e9gration de la culture africaine a disparu. Le danger est l\u00e0 et tout y concourt, avec ou sans les Europ\u00e9ens : le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, la modernisation, le d\u00e9veloppement politique, la scolarisation plus pouss\u00e9e, l&rsquo;enseignement, l&rsquo;urbanisation, l&rsquo;insertion du monde africain dans le r\u00e9seau des relations mondiales, et j&rsquo;en passe. Bref, au moment o\u00f9 l&rsquo;Afrique na\u00eet v\u00e9ritablement au monde, elle risque comme jamais de mourir \u00e0 elle-m\u00eame, cela ne signifie pas qu&rsquo;il ne faut pas na\u00eetre au monde. Cela signifie qu&rsquo;il faut s&rsquo;ouvrir au monde, avec les yeux grands ouverts sur le p\u00e9ril et qu&rsquo;en tout cas, le bouclier d&rsquo;une ind\u00e9pendance qui ne serait que politique, d&rsquo;une ind\u00e9pendance politique qui ne serait pas assortie et compl\u00e9t\u00e9e par une ind\u00e9pendance culturelle, serait en d\u00e9fintive le plus illusoire des boucliers et la plus fallacieuse des garanties.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire est toujours dangereuse. Le monde de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est le monde du risque, mais c&rsquo;est \u00e0 nous qu&rsquo;il appartient \u00e0 chaque moment d&rsquo;\u00e9tablir et de r\u00e9ajuster la hi\u00e9rarchie des p\u00e9rils. Je dis qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure actuelle, le p\u00e9ril pour l&rsquo;Afrique, ce n&rsquo;est pas le refus du monde ext\u00e9rieur, ce n&rsquo;est pas le refus d&rsquo;ouverture, ce n&rsquo;est pas le chauvinisme, ce n&rsquo;est pas le racisme noir, c&rsquo;est bien au contraire l&rsquo;oubli d&rsquo;elle-m\u00eame, c&rsquo;est l&rsquo;acculturation et la d\u00e9personnalisation Pour en revenir \u00e0 mon propos du d\u00e9but, je dirai que le danger pour l&rsquo;A frique, c&rsquo;est d&rsquo;entrer \u00e0 son tour dans le monde de la r\u00e9ification.<\/p>\n\n\n\n<p>Et cette fois, la r\u00e9ification ne jouera pas dans les relations avec l&rsquo;autre. Dans le cas de l&rsquo;Afrique, et c&rsquo;est le comble du drame, la r\u00e9ification jouera dans les relations de l&rsquo;Afrique avec elle-m\u00eame. Si l&rsquo;on n&rsquo;y prend garde, l&rsquo;Afrique risque de ne plus se voir que par les yeux des autres et de jeter sur elle-m\u00eame un regard p\u00e9trifiant.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne voudrais pas que l&rsquo;on croie \u00e0 une vue arbitraire. Je n&rsquo;en veux pour preuve que la discussion qui s&rsquo;est instaur\u00e9e hier \u00e0 la Commission des arts entre les \u00e9minents sp\u00e9cialistes venus d&rsquo;Europe et d&rsquo;Am\u00e9rique : M. Goldwater, M. Laude, Michel Leiris. Au cours de ces discussions, M. Goldwater, parlant de l&rsquo;influence de l&rsquo;art africain sur l&rsquo;art occidental, nous a dit qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, le mot d&rsquo;influence \u00e9tait impropre, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;influence \u00e0 proprement parler, de l&rsquo;art n\u00e8gre sur les artistes europ\u00e9ens, et qu&rsquo;il serait plus juste de de dire qu&rsquo;\u00e0 un moment donn\u00e9 de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art occidental, l&rsquo;art africain, rencontr\u00e9 par hasard, a servi de catalyseur \u00e0 l&rsquo;art occidental. Et cela est vrai. M. Laude a pr\u00e9cis\u00e9, et il a montr\u00e9 en particulier que Picasso ne s&rsquo;est servi de l&rsquo;art n\u00e8gre que pour r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes \u00e0 lui, Picasso, et que si Picasso a contest\u00e9 l&rsquo;art occidental, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et non en dehors de l&rsquo;art occidental. La question que je pose est celle-ci : est-ce que cela est vrai pour la majorit\u00e9 des artistes africains contemporains ? Quand, \u00e9duqu\u00e9s par l&rsquo;Europe et form\u00e9s dans les \u00e9coles europ\u00e9ennes, ils contestent que c&rsquo;est leur droit, quand ils contestent l&rsquo;art africain traditionnel, le contestent-ils \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;africanit\u00e9 ou en dehors de l&rsquo;africanit\u00e9 ? La r\u00e9ponse est malheureusement n\u00e9gative et M. Fagg a raison de dire que si l&rsquo;art africain traditionnel a fini, a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;heure actuelle le catalyseur de l&rsquo;art occidental, il n&rsquo;a pas encore commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre le catalyseur de l&rsquo;art africain contemporain.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0, n&rsquo;est-il pas vrai, une remarque qui va loin et qui est significative des dangers que court \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, l&rsquo;homme d&rsquo;Afrique, la culture de l&rsquo;Afrique, l&rsquo;art africain. M. Bastide l&rsquo;a dit : ne viendra-t-il pas un moment o\u00f9 il n&rsquo;y aura plus d&rsquo;art africain et o\u00f9 il n&rsquo;y aura plus qu&rsquo;un art semblable \u00e0 tous les autres arts du monde, avec cette seule diff\u00e9rence \u2014 mais absolument secondaire, insignifiante, n\u00e9gligeable \u2014 qu&rsquo;il aura \u00e9t\u00e9 fait par des Africains et non par des Europ\u00e9ens ou des Am\u00e9ricains. Nul d&rsquo;entre nous, bien s\u00fbr, ici, n&rsquo;est dans les secrets de l&rsquo;histoire, et nul ne peut donner de r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;interrogation angoiss\u00e9e de M. Bastide.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce que nous pouvons dire, nous, hommes d&rsquo;Afrique, nous, hommes de ce colloque, nous, hommes de culture, est que nous ne consid\u00e9rons pas comme souhaitable et comme un id\u00e9al \u00e0 rechercher, la substitution \u00e0 l&rsquo;art africain d&rsquo;un art, les uns, diront, laudativement, universel, les autres diront, p\u00e9jorativement, cosmopolite, en tout cas non sp\u00e9cifique, fait par les Africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, j&rsquo;entends l&rsquo;objection d&rsquo;Andr\u00e9 Malraux, qui nous dira et nous a dit : mille regrets, les souhaits et les v\u0153ux ne comptent pas en histoire. Il y a une \u00e9volution, une \u00e9volution qui est n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p>On nous a dit : essayons de retrouver l&rsquo;\u00e2me africaine qui con\u00e7ut les masques ; \u00e0 travers elle, nous atteindrons le peuple africain. Je n&rsquo;en crois rien. C&rsquo;est Andr\u00e9 Malraux qui parle. \u00ab Ce qui a fait jadis les masques, comme ce qui a fait jadis les cath\u00e9drales, est \u00e0 jamais perdu. \u00bb Mais on peut r\u00e9pondre \u00e0 Andr\u00e9 Malraux ceci : que le probl\u00e8me est mal pos\u00e9 et qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de refaire les masques, pas plus que pour l&rsquo;Europe, il ne peut s&rsquo;agir d&rsquo;essayer de refaire les cath\u00e9drales.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais alors, me dira-t-on, que faut-il faire pour assurer \u00e0 l&rsquo;art africain \u2014 et non pas \u00e0 l&rsquo;art des A fricains \u2014 une survie et une vitalit\u00e9 nouvelle dans le monde moderne pour lequel il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 fait et dont tous les \u00e9l\u00e9ments conspirent \u00e0 sa disparition ?<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 pour nous une question essentielle. Cette survie et cette vitalit\u00e9 nouvelles sont-elles possibles ou sont-elles encore seulement envisageables ? A cet \u00e9gard, je suis, tout comme M. Bastide, beaucoup moins pessimiste qu&rsquo;Andr\u00e9 Malraux. Plus exactement, je ne dirai pas que je suis optimiste, mais je dirai que la partie n&rsquo;est pas jou\u00e9e et qu&rsquo;il d\u00e9pend de nous, de nous tous, qu&rsquo;elle soit gagn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que, lorsqu&rsquo;on parle de chances de survie de l&rsquo;art africain, l&rsquo;erreur est de poser le probl\u00e8me en termes d&rsquo;art. Ce n&rsquo;est pas en termes d&rsquo;art, c&rsquo;est en termes humains qu&rsquo;il faut poser le probl\u00e8me de l&rsquo;art africain et c&rsquo;est la consid\u00e9ration m\u00eame du caract\u00e8re sp\u00e9cifique de l&rsquo;art africain qui nous m\u00e8ne \u00e0 adopter cette optique. En effet, dans l&rsquo;art africain, ce qui compte, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;art, c&rsquo;est d&rsquo;abord l&rsquo;artiste, donc l&rsquo;homme. En Afrique, l&rsquo;art n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 savoir-faire technique, car il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 copie du r\u00e9el, copie de l&rsquo;objet ou copie de ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler le r\u00e9el. Cela est vrai pour le meilleur de l&rsquo;art europ\u00e9en moderne, mais cela a toujours \u00e9t\u00e9 vrai pour l&rsquo;art africain. Dans le cas africain, il s&rsquo;agit pour l&rsquo;homme de recomposer la nature selon un rythme profond\u00e9ment senti et v\u00e9cu, pour lui imposer une valeur et une signification, pour animer l&rsquo;objet, le vivifier et en faire symbole et m\u00e9talangage.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, l&rsquo;art africain est d&rsquo;abord dans le c\u0153ur et dans la t\u00eate et dans le ventre, et dans le pouls de l&rsquo;artiste africain. L&rsquo;art africain n&rsquo;est pas mani\u00e8re de faire, c&rsquo;est d&rsquo;abord une mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre, une mani\u00e8re de plus-\u00eatre, comme dirait le teilhardien L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor. Si cela est vrai, on comprend le double \u00e9chec auquel nous assistons souvent : l&rsquo;\u00e9chec des artistes africains qui s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 copier des \u0153uvres europ\u00e9ennes ou \u00e0 appliquer des canons europ\u00e9ens. Mais aussi l&rsquo;\u00e9chec esth\u00e9tique des artistes africains qui se mettent \u00e0 copier du n\u00e8gre en r\u00e9p\u00e9tant m\u00e9caniquement des motifs ancestraux comme ces n\u00e8gres bosches dont nous a parl\u00e9 hier M. Bastide et qui, pendant un certain temps, pendant une certaine p\u00e9riode de l&rsquo;histoire, ont recopi\u00e9, reproduit m\u00e9caniquement les mod\u00e8les l\u00e9gu\u00e9s par leurs anc\u00eatres Achantis. Il est clair que ces tentatives ne peuvent qu&rsquo;\u00e9chouer, car elles sont pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 contre-sens de l&rsquo;art africain. L&rsquo;art africain n&rsquo;est pas copie. Il n&rsquo;est jamais copie, f\u00fbt-ce de soim\u00eame, il n&rsquo;est jamais reproduction, r\u00e9p\u00e9tition, reduplication, mais au contraire inspiration, c&rsquo;est-\u00e0-dire agression de l&rsquo;objet, investissement de l&rsquo;objet par l&rsquo;homme, qui a assez de force int\u00e9rieure pour le transformer en une forme de totale communication (et non pas cette forme de communication appauvrie que constitue le langage).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;art africain comme tout grand art, me dira-t-on, en tout cas plus que tout autre, et depuis plus longtemps si ce n&rsquo;est depuis toujours, est d&rsquo;abord dans l&rsquo;homme, dans l&rsquo;\u00e9motion de l&rsquo;homme, transmise aux choses par l&rsquo;homme et sa soci\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est la raison pour laquelle ou ne peut s\u00e9parer le probl\u00e8me du sort de l&rsquo;art africain du probl\u00e8me du sort de l&rsquo;homme africain, c&rsquo;est-\u00e0-dire en d\u00e9finitive du sort de l&rsquo;Afrique ellem\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;art africain de demain vaudra en d\u00e9finitive ce que vaudra l&rsquo;Afrique de demain et l&rsquo;Africain de demain. Si l&rsquo;homme africain s&rsquo;appauvrit, s&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tiole, s&rsquo;il se coupe de ses racines, s&rsquo;il se prive de ses sucs nourriciers, s&rsquo;il se coupe de ses r\u00e9serves mill\u00e9naires, s&rsquo;il devient le voyageur sans bagage, s&rsquo;il se d\u00e9leste de son pass\u00e9 pour entrer plus all\u00e8grement dans l&rsquo;\u00e8re de la civilisation de masse, s&rsquo;il se d\u00e9barrasse de ses l\u00e9gendes, de sa sagesse, de sa culture propre, ou bien tout simplement, s&rsquo;il consid\u00e8re qu&rsquo;il n&rsquo;a plus aucun message \u00e0 d\u00e9livrer au monde, s&rsquo;il a perdu son assurance historique ou s&rsquo;il ne la retrouve pas, rien n&rsquo;y fera malgr\u00e9 les festivals, malgr\u00e9 les encouragements officiels, malgr\u00e9 l&rsquo;Unesco, malgr\u00e9 tous les prix, c&rsquo;est tr\u00e8s simple, l&rsquo;art africain s&rsquo;\u00e9tiolera, s&rsquo;appauvrira et dispara\u00eetra.<\/p>\n\n\n\n<p>Si, au contraire, l&rsquo;homme africain conserve et pr\u00e9serve sa vitalit\u00e9, son assurance, sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, son humour, son rire, sa danse, s&rsquo;il se campe fi\u00e8rement sur sa terre non pas pour s&rsquo;isoler ou pour bouder, mais au contraire pour accueillir le monde, alors l&rsquo;art africain continuera.Bien s\u00fbr, il aura \u00e9volu\u00e9 et tant mieux. Il se sera transform\u00e9, mais c&rsquo;est tant mieux, comme se transforme d&rsquo;\u00e9poque en \u00e9poque le contenu des r\u00eaves et de l&rsquo;imagination de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette \u00e9volution m\u00eame et cette mutation seront le signe que l&rsquo;art africain sera vivant et bien vivant. Aussi bien est-ce en nos mains, en nos mains \u00e0 tous et non pas seulement entre les mains des hommes de culture, car la s\u00e9paration est absolument artificielle, c&rsquo;est entre nos mains \u00e0 tous que se trouve l&rsquo;avenir de l&rsquo;art africain. C&rsquo;est pourquoi aux hommes d&rsquo;\u00c9tats africains qui nous disent : Messieurs les artistes africains, travaillez \u00e0 sauver l&rsquo;art africain, nous r\u00e9pondons : Hommes d&rsquo;Afrique et vous d&rsquo;abord, politiques africains, parce que c&rsquo;est vous qui \u00eates les plus responsables, faitesnous de la bonne politique africaine, faites-nous une bonne Afrique, faites-nous une Afrique o\u00f9 il y a encore des raisons d&rsquo;esp\u00e9rer, des moyens de s&rsquo;accomplir, des raisons d&rsquo;\u00eatre fiers, refaites \u00e0 l&rsquo;Afrique une dignit\u00e9 et une sant\u00e9, et l&rsquo;art africain sera sauv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Aim\u00e9 C\u00e9saire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de la communication d&rsquo;Aim\u00e9 C\u00e9saire qui eut lieu le mercredi 6 avril 1966, l&rsquo;avant-derni\u00e8re journ\u00e9e du \u00ab Colloque sur&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":947,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-946","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-arts"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - 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