{"id":1324,"date":"2026-04-18T07:02:54","date_gmt":"2026-04-18T07:02:54","guid":{"rendered":"https:\/\/dogons.org\/?p=1324"},"modified":"2026-04-18T07:02:54","modified_gmt":"2026-04-18T07:02:54","slug":"la-tribu-et-le-fait-tribal-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dogons.org\/index.php\/2026\/04\/18\/la-tribu-et-le-fait-tribal-en-afrique\/","title":{"rendered":"La tribu et le fait tribal en Afrique"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0L\u2019Afrique ne pourra jamais se relever \u00e0 cause du tribalisme\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Les guerres africaines sont toujours le r\u00e9sultat d\u2019un tribalisme mal ma\u00eetris\u00e9\u00a0\u00bb,\u00a0 etc. La vulgate m\u00e9diatique, souvent occidentale, propage cette justification \u00e0 toutes les crises en Afrique. L&rsquo;existence d&rsquo;organisations tribales serait responsable des difficult\u00e9s que rencontrent de jeunes \u00c9tats-nations dans leur d\u00e9veloppement \u00e9conomique et politique, et dans la conqu\u00eate de leur ind\u00e9pendance. <\/em><\/p>\n<p>L\u2019usage id\u00e9ologique du concept de \u00ab\u00a0 tribalisme\u00a0\u00bb fournit les raisons d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements aussi dramatiques que la d\u00e9ferlante des terroristes sur le Sahel, la guerre du Biafra, la r\u00e9volte des Mau-Mau, ou le g\u00e9nocide au Rwanda. Pour Julian Steward, il s\u2019agit d\u2019un concept \u00ab\u00a0fourre-tout\u00a0\u00bb vis-\u00e0-vis duquel il faut observer la plus grande prudence.<\/p>\n<p>La tribu est un ph\u00e9nom\u00e8ne historique et social, re\u00e7u comme une donn\u00e9e r\u00e9dhibitoire et un frein ind\u00e9passable pour l\u2019Afrique. Qu\u2019en est-il en r\u00e9alit\u00e9\u00a0? Il faut revisiter la notion de tribu ou d\u2019ethnie, en appr\u00e9hender les sources, les influences ainsi que l\u2019instrumentalisation coloniale et post-coloniale de ce fait social majeur pour une meilleure compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019il faudra par la suite d\u00e9construire et situer \u00e0 l\u2019exacte place dans le renouveau des \u00c9tats africains.<\/p>\n<h2><strong>Les notions de tribus et d\u2019ethnies<\/strong><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le terme \u00ab\u00a0ethnie\u00a0\u00bb (du grec <em>ethnos\u00a0:<\/em> peuple, nation) est apparu r\u00e9cemment dans la langue fran\u00e7aise (1896)\u00a0; au XVIe et au XVIIe si\u00e8cle, comme le fait remarquer P. Mercier (1961, 62), le terme \u00ab\u00a0nation\u00a0\u00bb \u00e9quivalait \u00e0 celui de \u00ab\u00a0tribu\u00a0\u00bb. Pour cet auteur, l\u2019ethnie est un \u00ab\u00a0groupe ferm\u00e9, descendant d\u2019un anc\u00eatre commun ou plus g\u00e9n\u00e9ralement ayant une m\u00eame origine, poss\u00e9dant une culture homog\u00e8ne et parlant une langue commune. C\u2019est \u00e9galement une unit\u00e9 d\u2019ordre politique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le terme \u00ab\u00a0tribu\u00a0\u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 deux r\u00e9alit\u00e9s, deux domaines de faits diff\u00e9rents mais li\u00e9s. D\u2019une part on s\u2019en sert pour distinguer un type de soci\u00e9t\u00e9 parmi d\u2019autres, un mode d&rsquo;organisation sociale sp\u00e9cifique comme les (\u00ab\u00a0bandes\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0\u00c9tats\u00a0\u00bb, etc.).<\/p>\n<p>L\u2019examen des termes r\u00e9v\u00e8le des crit\u00e8res communs tels que\u00a0: la langue, un espace, des coutumes, des valeurs, un nom, une m\u00eame descendance et la conscience qu\u2019ont les acteurs sociaux d\u2019appartenir \u00e0 un m\u00eame groupe. Le mode d\u2019existence de l\u2019objet ethnique ou tribal proviendrait donc de la co\u00efncidence de ces diff\u00e9rents crit\u00e8res.<\/p>\n<p>L\u2019usage massif et souvent indiff\u00e9renci\u00e9 de ces termes \u00e0 propos de l\u2019Afrique trahit une vis\u00e9e id\u00e9ologique majeure\u00a0: classer \u00e0 part ces soci\u00e9t\u00e9s en leur d\u00e9niant la qualit\u00e9 de \u00ab\u00a0nations\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit d\u2019\u00f4ter \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s ce qui en ferait des participants \u00e0 la commune humanit\u00e9. Il faut les envisager en tribus, tr\u00e8s proches de la horde, les rendre diff\u00e9rentes et inf\u00e9rieures aux soci\u00e9t\u00e9s du colonisateur qui seules peuvent revendiquer la qualit\u00e9 de \u00ab\u00a0nations\u00a0\u00bb et justifier ainsi l\u2019entreprise coloniale. Distinguer en abaissant \u00e9tait bien la pr\u00e9occupation de la pens\u00e9e coloniale.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h2><strong>Quelle est la place de la tribu dans les soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9coloniales?<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le concept de tribu n\u2019est pas une cr\u00e9ation coloniale. Certes, le terme a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9 et manipul\u00e9 par le colonisateur mais ne d\u00e9signait pas une unit\u00e9 sociale pertinente ant\u00e9rieure. Ainsi J.-P. Dozon (1981, 474) a pu montrer \u00e0 propos des B\u00e9t\u00e9 de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire que le terme \u00ab\u00a0b\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, qui signifie \u00ab\u00a0pardon\u00a0\u00bb et qui renvoie \u00e0 la soumission des populations de cette r\u00e9gion aux Fran\u00e7ais, a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 par l\u2019administration coloniale \u00e0 un territoire arbitrairement d\u00e9coup\u00e9 par elle au sein d\u2019un continuum culturel.<\/p>\n<p>De m\u00eame la d\u00e9signation de \u00ab\u00a0Dioula\u00a0\u00bb qui veut dire \u00ab\u00a0marchands\u00a0\u00bb participe \u00e9galement de cette entreprise de regroupement instrumental. N\u00e9anmoins, il serait faux de penser que la notion id\u00e9ologique de \u00ab\u00a0tribu\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0race\u00a0\u00bb ou d\u2019\u00ab\u00a0ethnie\u00a0\u00bb n\u2019avait aucune esp\u00e8ce de correspondance dans les langues africaines. En Bambara-Malinke, par exemple, il existe une notion, celle de <em>shiya<\/em>, qui correspond bien \u00e0 celle de race, d\u2019ethnie, voire de clan ou de lignage. <em>Shiya<\/em> permet de regrouper des gens sous la fiction d\u2019une appartenance ou d\u2019une descendance commune. Ainsi des Peuls au Mali d\u2019origines tr\u00e8s diverses, qui pr\u00e9tendent pourtant descendre des quatre fils d\u2019une m\u00eame femme (Amselle et <em>al<\/em>., 1979 c, 426, n\u00b0 96). La notion de tribu et d\u2019ethnie sont tributaires de migrations, de mouvements et d\u2019\u00e9v\u00e9nements inh\u00e9rents \u00e0 toute organisation socio-politiques. Soit pour s\u2019assimiler au groupe politiquement et culturellement dominant, soit par essaimage d\u2019un membre du groupe qui fondera \u00e0 quelque distance de l\u00e0 une chefferie-fille portant le m\u00eame nom et reprendra les us et coutumes du groupe originel. Il en est ainsi des populations du sud du Togo, les Minas, les Anas, les Watchis, les Ew\u00e9&#8230;qui descendraient de la m\u00eame souche originaire de Tado, bastion des Adja-Ew\u00e9 fuyant la tyrannie du roi Agokoli.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de toute l\u2019Afrique pr\u00e9coloniale est l\u2019histoire m\u00eame de ces migrations ethniques et tribales qui ob\u00e9issent \u00e0 des logiques de tectonique des nations, observables dans toutes les aires g\u00e9ographiques de l\u2019humanit\u00e9. En d\u00e9finitive, les patronymes, les noms de \u00ab\u00a0clan\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0lignage\u00a0\u00bb et les ethnonymes peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00e9l\u00e9ments dont se servent les acteurs sociaux confront\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rentes situations politiques. Pour S.F. Nadel (1971), la notion de \u00ab\u00a0tribu\u00a0\u00bb a un caract\u00e8re essentiellement politique. De ce point de vue, il n\u2019existe pas plus d\u2019\u00ab\u00a0ethnie\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9coloniale qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle. Certes, on peut relever une continuit\u00e9 dans l\u2019usage de certaines cat\u00e9gories \u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9coloniale et actuelle et constater une reprise par le colonisateur de termes qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 employ\u00e9s avant son arriv\u00e9e (\u00ab\u00a0Peul\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Bambara\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Dioula\u00a0\u00bb, etc.), mais cela manifeste simplement le fait que l\u2019\u00ab\u00a0ethnonyme\u00a0\u00bb est un \u00ab\u00a0signifiant flottant\u202f\u00a0\u00bb et que son utilisation est de nature \u00ab\u00a0performative\u202f\u00a0\u00bb. S\u2019il est parfaitement l\u00e9gitime de se revendiquer comme Mina, Ew\u00e9, Kaby\u00e8, Bamil\u00e9k\u00e9, Peul, Bambara etc, consid\u00e9rer ce mode d\u2019identification comme essentialisant serait une erreur. Un ethnonyme peut recevoir une multitude de sens en fonction des \u00e9poques, des lieux ou des situations sociales. Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 mouvante et donc manipulable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>La tribu comme levier de domination coloniale<\/strong><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Un aspect fondamental de la colonisation consiste \u00e0 r\u00e9gler l\u2019\u00e9pineux probl\u00e8me du contr\u00f4le social et politique. Le probl\u00e8me du colon est qu\u2019ils sont en nombre inf\u00e9rieur par rapport aux colonis\u00e9s. Il a donc besoin de ma\u00eetriser le peuple par la division, en exacerbant le fait tribal, en le recomposant, en le cr\u00e9ant, en le d\u00e9construisant, et m\u00eame en le d\u00e9truisant. Il faut survaloriser au besoin les appartenances tribales ou ethniques et les jouer les unes contre les autres. La tribu et le fait tribal ne sont donc que le r\u00e9sultat d\u2019une ing\u00e9nierie sociale. C\u2019est ce qu\u2019on a pu appeler la doctrine Gallieni qui axe la domination coloniale sur la connaissance pointue de la cartographie des groupes ethniques afin de pouvoir les diviser en semant sans cesse des conflits, de la jalousie et de la concurrence pour les paralyser et r\u00e9duire leur capacit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volte et donc \u00e0 la lib\u00e9ration. Le fait tribal consiste ainsi \u00e0 emp\u00eacher que les peuples se regardent comme un et prennent conscience de leur taille sociale critique n\u00e9cessaire au renversement de toute domination \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p>Une manipulation de l\u2019histoire et de la conscience de la nation africaine qui consiste \u00e0 plaquer sur une histoire pr\u00e9existante souvent homog\u00e8ne, qu\u2019on d\u00e9cide de m\u00e9conna\u00eetre, des cat\u00e9gories de diff\u00e9renciations artificielles et volontairement clivantes.<\/p>\n<blockquote><p>Les puissances europ\u00e9ennes proc\u00e8dent \u00e0 une simple reprise de certains \u00ab\u00a0ethnonymes\u00a0\u00bb qu\u2019elles d\u00e9naturent.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019objectif du processus de territorialisation \u00e9tant de regrouper des populations et de les d\u00e9signer par des cat\u00e9gories communes afin de mieux les contr\u00f4ler. La colonisation est donc un fractionnement social avec l\u2019instauration de d\u00e9coupages territoriaux, souvent arbitraires, en \u00ab\u00a0cercles\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0districts\u00a0\u00bb \u00abet \u00ab\u00a0territoires\u00a0\u00bb. Ces nouveaux espaces sociaux seront arbitrairement \u00e9rig\u00e9s en \u00ab\u00a0races\u00a0\u00bb, tribus\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0ethnies\u00a0\u00bb<strong>. <\/strong>Alors qu\u2019avant la colonisation, ces diff\u00e9rents espaces \u00e9taient imbriqu\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de \u00ab\u00a0cha\u00eenes de soci\u00e9t\u00e9s\u00a0\u00bb\u00a0: (aires matrimoniales, localisations lignag\u00e8res, tribus, f\u00e9d\u00e9rations de villages, groupements territoriaux de soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes, etc.) ou \u00e9taient englob\u00e9es dans des entit\u00e9s beaucoup plus vastes, ou combinaient ces deux caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9sarticulation prendra essentiellement trois formes\u00a0: la cr\u00e9ation ex-nihilo d\u2019\u00ab\u00a0ethnies\u00a0\u00bb comme dans le cas des \u00ab\u00a0B\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb de C\u00f4te d\u2019Ivoire, la transposition s\u00e9mantique d\u2019ethnonymes utilis\u00e9s avant la colonisation \u00e0 des contextes nouveaux (\u00ab\u00a0Bambara\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Dioula\u00a0\u00bb) ou la transformation d\u2019unit\u00e9s politiques ou de toponymes pr\u00e9coloniaux en \u00ab\u00a0ethnies\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Mandenka\u00a0\u00bb, Malink\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0Gurma\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans un deuxi\u00e8me temps, ces \u00ab\u00a0ethnies\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9es par le colonisateur seront revendiqu\u00e9es par les agents qui en feront un instrument id\u00e9ologique de d\u00e9termination sociale. Appel\u00e9es \u00e0 se situer par rapport \u00e0 des espaces nouveaux, les diff\u00e9rentes r\u00e9gions revendiqueront comme autant de signes distinctifs les \u00ab\u00a0ethnonymes\u00a0\u00bb invent\u00e9s ou transpos\u00e9s par le colon. Les ethnies ne proc\u00e8dent que de l\u2019action du colonisateur qui a d\u00e9coup\u00e9 des entit\u00e9s ethniques qui ont \u00e9t\u00e9 elles-m\u00eames ensuite r\u00e9appropri\u00e9es par les populations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>La tribu comme instrument de domination des \u00c9tats post-coloniaux<\/strong><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0tribalisme\u00a0\u00bb, omnipr\u00e9sent dans les m\u00e9dias lorsqu\u2019ils traitent de l\u2019Afrique est toujours le signe d\u2019autre chose, le masque de conflits d\u2019ordre social, politique et \u00e9conomique. Le discours du pouvoir, confront\u00e9 \u00e0 une r\u00e9volte s\u2019exprime toujours dans un langage \u00ab\u00a0tribaliste\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00e9gionaliste\u00a0\u00bb. Cette projection de l\u2019\u00c9tat n\u00e9o-colonial sur des mouvements qui se dressent contre lui est l\u2019indice d\u2019une faiblesse et d\u2019une absence de contr\u00f4le de larges fractions de la population. D\u00e9finir un mouvement social comme \u00ab\u00a0tribaliste\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00e9gionaliste\u00a0\u00bb, c\u2019est tenter de le disqualifier en lui d\u00e9niant toute l\u00e9gitimit\u00e9, laquelle pour les appareils d\u2019\u00c9tat africains actuels ne saurait s\u2019exprimer que dans un vocabulaire moderniste. Pourtant, il est ais\u00e9 de constater que l\u2019\u00c9tat est bien souvent le responsable de la forme que prennent les r\u00e9voltes ou les gr\u00e8ves.<\/p>\n<p>Le <strong>\u00ab\u00a0tribalisme moderne\u00a0\u00bb<\/strong> est donc manipul\u00e9 aussi bien par les dominants que par les domin\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un espace national ou international. Il est \u00e9galement un moyen de d\u00e9finition sociale et un syst\u00e8me de classement qui donne \u00e0 chacun sa position \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une structure politique d\u00e9termin\u00e9e. \u00c0 ce titre, il n\u2019existe pas de coupure entre le \u00ab\u00a0tribalisme moderne\u00a0\u00bb et son homologue ancien.<\/p>\n<p>Le tribalisme devient ainsi le legs empoisonn\u00e9 du colonisateur \u00e0 son continuateur local. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est patent dans le cas de la d\u00e9colonisation tronqu\u00e9e op\u00e9r\u00e9e par la France, de l\u2019avis m\u00eame d\u2019un des acteurs majeurs de cet \u00e9pisode : \u00ab <em>nous avons accord\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 ceux \u00e0 ceux qui la demandaient le moins, apr\u00e8s avoir \u00e9limin\u00e9 politiquement et militairement ceux qui la demandaient avec le plus d\u2019intransigeance\u00a0\u00bb<\/em> (Pierre Messier (1916-2007) \u00bb. Le constat est que ces \u00ab\u00a0n\u00e8gres cravat\u00e9s\u00a0\u00bb adoub\u00e9s et r\u00e9cipiendaires d\u2019une ind\u00e9pendance factice, sont souvent ceux qui ont collabor\u00e9 \u00e0 la domination coloniale et sont pour la plupart issus d\u2019ethnies minoritaires \u00ab\u00a0fabriqu\u00e9es\u00a0\u00bb pour la cause. Suppl\u00e9tifs de la barbarie coloniale, ils ne doivent leur position sociale qu\u2019au ma\u00eetre qui les a institu\u00e9s et \u00e9tablis contre les ethnies politiquement \u00ab\u00a0dominantes\u00a0\u00bb. Cette double fragilisation d\u2019une main-d\u2019\u0153uvre servile par le fait de son ill\u00e9gitimit\u00e9 par rapport aux groupes dominants, assurent aux colons un contr\u00f4le commode sur une \u00ab\u00a0troupe docile\u00a0\u00bb et corv\u00e9able \u00e0 merci. Les \u00c9tats \u00ab\u00a0ind\u00e9pendants\u00a0\u00bb s\u2019inscrivent dans cette lign\u00e9e tribaliste, con\u00e7ue comme un programme de gouvernement. Les chefs d\u2019\u00c9tat post-coloniaux pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9fenseurs acharn\u00e9s de la colonisation sont tr\u00e8s attach\u00e9s \u00e0 la \u00ab\u00a0m\u00e8re patrie la France\u00a0\u00bb. Ils deviennent, par la suite les fid\u00e8les animateurs des r\u00e9seaux du n\u00e9o-colonialisme au b\u00e9n\u00e9fice de la France. Au demeurant, le pouvoir fran\u00e7africain trouve pr\u00e9f\u00e9rable par-dessus tout, que le \u00ab\u00a0roi n\u00e8gre\u00a0\u00bb ne soit point originaire du pays qu\u2019il est cens\u00e9 pr\u00e9sider, d\u00e9fendre et faire prosp\u00e9rer.<\/p>\n<p>Le fait tribal est une bombe \u00e0 retardement qui mine les peuples africains. La violence, la frustration et l\u2019incapacit\u00e9 structurelle de cro\u00eetre en sont les avatars. Plut\u00f4t que de parler d\u2019adh\u00e9sion au projet de soci\u00e9t\u00e9 d\u2019un leader politique, la nation est plus structur\u00e9e par l\u2019appartenance, vraie ou suppos\u00e9e, \u00e0 l\u2019ethnie du pr\u00e9sident, la ville du pr\u00e9sident, la r\u00e9gion du pr\u00e9sident, et <em>mutatis mutandis<\/em> au parti du pr\u00e9sident et au pouvoir du pr\u00e9sident qui est r\u00e9put\u00e9 \u00eatre d\u00e9tenu par les gens de son ethnie. Il en r\u00e9sulte la haine tenace des autres ethnies et une radicalisation sym\u00e9trique des populations de l\u2019ethnie pr\u00e9sidentielle qui, bien que ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas toujours des retomb\u00e9es du r\u00e9gime, se sentent oblig\u00e9s de faire pi\u00e8ce pour \u00e9viter la vindicte de la majorit\u00e9 l\u00e9s\u00e9e et souvent violent\u00e9e pour la conservation du pouvoir.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019affirmation ethnique deviendra ainsi un moyen de r\u00e9sistance \u00e0 la pression des r\u00e9gions concurrentes et de lutte au sein de l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat.<\/p><\/blockquote>\n<p>Elle prendra la forme du tribalisme.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h2><strong>La tribu et l\u2019ethnie\u00a0: vers une n\u00e9cessaire d\u00e9construction<\/strong><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0tribalisme\u00a0\u00bb est un frein \u00e0 la modernit\u00e9 et au d\u00e9veloppement dans son aspect instrumental de contr\u00f4le des masses et de conservation du pouvoir. Pour la circonscrire, la r\u00e9flexion devrait porter au-del\u00e0 de la p\u00e9riode coloniale pour embrasser les dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la circulation des peuples et des ethnonymes dans la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les villes tendent \u00e0 se massifier, et les brassages des peuples \u00e0 se p\u00e9renniser. Le jeu des alliances et des migrations est une chance, m\u00eame si les \u00ab\u00a0originaires\u00a0\u00bb d\u2019une m\u00eame r\u00e9gion seront amen\u00e9s \u00e0 se regrouper en milieu urbain en dehors des cadres lignagers et villageois. Ce mouvement de franchissement des barri\u00e8res \u00ab\u00a0ethniques\u00a0\u00bb a d\u00e9but\u00e9 bien avant la colonisation comme en t\u00e9moigne l\u2019existence des cit\u00e9s pr\u00e9coloniales et des r\u00e9seaux marchands internationaux, jula et hausa notamment. C\u2019est ce m\u00eame mouvement qui se poursuit aujourd\u2019hui vers les villes et qui aboutit \u00e0 regrouper hors des collectifs ruraux et villageois un certain nombre d\u2019originaires. Ainsi, plut\u00f4t qu\u2019un indice de modernit\u00e9, l\u2019\u00ab\u00a0ethnicit\u00e9\u00a0\u00bb pourrait donc appara\u00eetre avant tout comme un produit de l\u2019urbanisation, de l\u2019\u00e9dification \u00e9tatique et du commerce au sens le plus large de ce terme, et cela quelle que soit la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e. Si l\u2019on accepte ce point de vue, il est ais\u00e9 de constater que rien ne distingue en fait le \u00ab\u00a0tribalisme\u00a0\u00bb ou l\u2019\u00ab\u00a0ethnicit\u00e9\u00a0\u00bb africains de la renaissance du \u00ab\u00a0r\u00e9gionalisme\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle on assiste en Europe notamment avec le retour en force de partis identitaires et ultra conservateurs. La vague victorieuse de MAGA avec comme figure tut\u00e9laire Donald Trump, illustre bien cette tendance lourde, que refl\u00e8te aussi bien Madame Meloni en Italie ou encore Madame Le Pen en France. Dans les deux cas, ces mouvements de retour aux sources, d\u2019\u00ab\u00a0authenticit\u00e9\u00a0\u00bb s\u2019enracinent bien dans la r\u00e9alit\u00e9 urbaine, ils sont une projection citadine sur une r\u00e9alit\u00e9 rurale et pass\u00e9e purement imaginaire.<\/p>\n<p>Il faut d\u00e8s lors d\u00e9construire ces notions pi\u00e9g\u00e9es par des si\u00e8cles de domination et d\u2019ab\u00eatissement. Le succ\u00e8s id\u00e9ologique du panafricanisme qui conna\u00eet un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat en Afrique continentale et diasporique, consistera en un d\u00e9passement macroscopique de l\u2019ethnie et de la tribu par l\u2019affirmation d\u2019une commune appartenance \u00e0 l\u2019Afrique. Ch. Anta Diop d\u00e9montra dans nations n\u00e8gres et cultures notre commune filiation ancestrale. Et Nadel (1971, 46) montrait dans <em>Byzance noire<\/em> comment la r\u00e9alit\u00e9 ethnique des Nupe du Nigeria s\u2019imbriquait dans des ensembles de plus en plus vastes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0L\u2019unit\u00e9 culturelle est aussi plus vaste que l\u2019unit\u00e9 tribale. L\u2019organisation politique et sociale des Nupe est commune \u00e0 de nombreuses tribus d\u2019Afrique occidentale\u00a0: ils partagent leur religion traditionnelle avec des groupes voisins au nord, \u00e0 l\u2019est, au sud, et leur religion moderne, l\u2019islam, avec tout le Soudan. Car, on peut, en effet, parler \u00e0 juste titre d\u2019une culture d\u2019Afrique occidentale, ou d\u2019une culture des groupes vivant dans l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (en l\u2019opposant \u00e0 celle de groupes habitant la for\u00eat subtropicale ou la r\u00e9gion c\u00f4ti\u00e8re). En fin de compte, il semble que la culture apparaisse comme cristallis\u00e9e sous forme d\u2019une culture tribale et l\u2019aire de cette unit\u00e9 culturelle appara\u00eet alors, \u00e0 certains \u00e9gards, de m\u00eame \u00e9tendue que la tribu.<\/em>\u00a0\u00bb. On peut en dire autant des Ew\u00e9 r\u00e9partis sur quatre \u00c9tats ouest africains (Nigeria, B\u00e9nin, Togo, Ghana et dans les confins de la C\u00f4te d-ivoire. Il en est de m\u00eame des Bariba du B\u00e9nin et Mosi du Burkina Faso, etc. Nous sommes dans les \u00ab\u00a0seuils\u00a0\u00bb de Claude L\u00e9vi-Strauss qui constate que l\u2019ethnie cesse de fonctionner l\u00e0 o\u00f9 s\u2019affaiblit la communication entre ses membres. Il se produit un flux continuel de populations \u00e0 travers ces \u00ab\u00a0limites\u00a0 qui ouvrent la voie \u00e0 une analyse des relations entre ethnies con\u00e7ues comme des rapports de forces.<\/p>\n<p>Au niveau des \u00c9tats, la tribu ou l\u2019ethnie, sublim\u00e9es par des politiques volontaristes de coh\u00e9sion sociale et un renoncement lucide \u00e0 leur instrumentalisation, pourront devenir le socle solide d\u2019une identit\u00e9 nationale et le creuset d\u2019une nation moderne b\u00e2tie sur la collaboration harmonieuse de tribus interd\u00e9pendantes. Les constitutions africaines du futur gagneraient \u00e0 int\u00e9grer les immenses potentialit\u00e9s qu\u2019offrent ces notions longtemps instrumentalis\u00e9es et combattues.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Spinto ABLODEVI<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0L\u2019Afrique ne pourra jamais se relever \u00e0 cause du tribalisme\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Les guerres africaines sont toujours le r\u00e9sultat d\u2019un tribalisme mal&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1326,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-1324","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-socio"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La tribu et le fait tribal en Afrique - 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